A N T I C I P E R !
« Prévoir, supposer ce qui va arriver et adapter sa conduite à cette supposition : Politicien qui anticipe sur les élections à venir. » Larousse De Bill Gate à Xavier Niel en passant par plein d’autres entrepreneurs qui ont réussi, on vous dit qu’anticiper est une des clés essentielles... Lire la suite...
La publicité sur les réseaux sociaux, test et retour d'expérience !
J’ai testé pour vous… la publicité (payante) sur les réseaux sociaux ! Au mois de décembre, j’ai mis quelques euros pour tenter de faire de la publicité sur les réseaux pour Ma-Webassistante.com. Je vous explique en quelques mots ce que j’en ai pensé et ce que j’en ai retiré ! Lire la suite...
Comment j’ai trouvé le nom de Ma-Webassistante.com ?
Aujourd’hui, Facebook m’a rappelé qu’il y a tout juste huit ans, j’ai trouvé le nom de cette entreprise qui allait devenir ma vie. Oui, Facebook permet de ne pas oublier certaines dates et, avouons-le, c’est parfois bien pratique ! C’est donc le 20 octobre 2009 que... Lire la suite...
Pour ne pas perdre sa vie à la gagner !
Autant vous le dire tout de suite, ce titre que je trouve fabuleux n’est pas de moi ! J’aurais tellement aimé y penser moi-même que je permets de l’utiliser, mais c’est en fait le sous-titre d’un livre coécrit par Annie THEBAUD-MONY, Philippe DAVEZIES, Laurent VOGEL,... Lire la suite...
Le député, le salarié, le chef d'entreprise et les justificatifs de dépense !
Cher Monsieur le Député Sébastien Huyghe, Vous avez été réélu pour la dernière législature qui a commencé il y a une quinzaine de jours. On n’a pas relevé votre présence très souvent depuis cette élection mais votre seule intervention en commission a fait le tour des réseaux sociaux ! Lire la suite...
prev
next
Mar02Jan2018

A N T I C I P E R !

783 clics

« Prévoir, supposer ce qui va arriver et adapter sa conduite à cette supposition : Politicien qui anticipe sur les élections à venir. »

Larousse

De Bill Gate à Xavier Niel en passant par plein d’autres entrepreneurs qui ont réussi, on vous dit qu’anticiper est une des clés essentielles de la réussite. Anticiper les baisses d’activité pour mettre en place des actions commerciales adéquates, anticiper les surcharges d’activité pour recruter ou trouver des prestataires fiables (comme Ma-Webassistante.com, exemple choisi au hasard parmi plein d’autres !), anticiper des problèmes d’approvisionnement pour ne pas pénaliser ses clients (et sa facturation), anticiper les défaillances de ses clients ou fournisseurs, et cætera. Bref, anticiper l’avenir, c’est pouvoir trouver une solution avant que le problème ne vous paralyse, c’est sauver son entreprise ! Quel que soit l’entreprise, l’entrepreneur passe son temps à anticiper les problèmes pour constamment préserver son entreprise.

À mon petit niveau d’entreprise individuelle, je passe mon temps à essayer d’anticiper. Si les enjeux financiers ne sont pas ceux de Free ou Microsoft, malgré tout, si je n’anticipe pas suffisamment bien, c’est mon entreprise et ma vie entière qui s’écroule. Alors, je fais de mon mieux. Mais parfois, des gens qui n’ont rien à voir avec mon entreprise, rien à voir avec moi, qui ne connaissent pas mon entreprise, qui ignorent tout de ce que peut bien être une entreprise (en dehors de ce que leur rapportent Pierre Gattaz et le Medef, bien sûr !), me mettent des bâtons dans les roues ! Et cette année, ils ne m’ont pas mis de simples bâtons dans les roues, ils y sont allés avec des troncs d’arbre !

La microentreprise, kézako exactement ?

Bon, je vous explique en quelques mots la microentreprise. Le principe est simple. Vous payez vos charges sociales en fonction de votre chiffre d’affaires encaissé. Pour les entreprises de service, le prélèvement est d’environ 23 % du chiffre d’affaires encaissé pour les entreprises de service (13 % environ pour ceux qui font du négoce). C’est ce qu’on appelle le régime microsocial.

Vous vous affranchissez donc de la comptabilité et d’un prélèvement de charges sociales qui serait régularisé une fois votre bilan sorti, puisqu’il ne faut plus votre résultat comptable pour calculer les charges sociales, qui sont calculées, je le répète, sur votre chiffre d’affaires encaissé.

Quant aux impôts, ils sont également calculés en fonction du chiffre d’affaires encaissé avec un abattement forfaitaire de 50 % de votre chiffre d’affaires pour les frais professionnels, quel que soit leur montant réel, pour les entreprises de service (34 % pour les professions libérales et 71 % pour ceux qui font du négoce). Du coup, c’est un avantage si vous avez peu de frais. C’est ce qu’on appelle le microfiscal.

Vous n’avez plus à tenir de comptabilité en partie double puisque vous n’avez plus besoin du résultat d’un bilan pour calculer vos charges sociales et vos impôts. Un simple un journal de vente et d’achat suffit à vous affranchir des formalités légales, ce que tout logiciel de facturation vous permet de faire facilement.

Bref, c’est le régime de la simplicité pour toutes les petites entreprises qui ont naturellement peu de frais. Bien sûr, comme tout régime, avant de se jeter dedans, il faut étudier ses avantages et ses inconvénients et il est évident que si vous avez des charges importantes (une voiture pour vos déplacements, un local, le besoin d’embaucher ou de sous-traiter régulièrement, etc.), il vous coûtera moins cher de dire adieu à la simplicité et de passer au réel… ce qui n’est pas mon cas !

L’augmentation du seuil de la microentreprise et les effets d’annonce !

Quelques semaines (ou mois, à mon âge, on perd un peu la notion du temps), le Président de notre grande Nation (puisque c’est ainsi qu’on dit en 2018…) a annoncé que le seuil de la microentreprise (ex-autoentrepreneur) serait relevé à 70 000 euros. Chouette, me suis-je dit ! Adieu la comptabilité, les frais de comptable, les frais d’AGA (le truc qui coûte 250 € par an et qui ne fait qu’engraisser des « associations » qui ne servent à rien !) ! Et vive le retour à la simplicité !

À l’origine, pour bénéficier de cette entreprise simplifiée il fallait que votre chiffre d’affaires soit en dessous du seuil d’environ 33 000 euros pour les entreprises de service (83 000 euros pour les entreprises de négoce). C’est la raison pour laquelle, depuis trois ans, j’avais dû passer au réel, puisque j’avais dépassé ce seuil. Avec le nouveau Président de notre grande Nation, nous allions pouvoir en bénéficier jusqu’à 70 000 euros de chiffre d’affaires pour les entreprises de service (170 000 euros pour les entreprises de négoce).

L’annonce a été faite en milieu d’année. Mais bien sûr, la loi ne finance ne serait pas votée avant la fin de l’année. C’était le premier arbre dans les roues de ma petite entreprise ! Pour opter pour le régime de la microentreprise via le centre de formalité des entreprises (CFE), il fallait le faire avec le 30 octobre, deux mois avant le vote de la loi ! L’avantage de le faire via le CFE, c’est qu’ils transmettent toutes les informations à tous les services concernés et que ça vous évite d’avoir à réitérer des courriers recommandés aux impôts et au RSI (voire aux URSSAF également pour les professions libérales) et qu’à partir du moment où vous avez la confirmation du CFE, cela vaut pour tous ces organismes.

Je suis joueuse, j’ai fait un pari sur l’avenir, j’ai donc opté avant le vote de la loi via mon CFE. J’ai un peu transpiré jusqu’au 22 décembre quand même, en me disant qu’il serait toujours temps de se prendre la tête avec les différents services pour revenir au réel si jamais nos élus se dégonflaient comme des baudruches et se mettaient à rétropédaler dans la semoule (ce qui n’arrive jamais, bien entendu !).

Le problème de la TVA…

Avant, le seuil de la microentreprise était strictement identique à celui de la franchise de TVA. Lorsque vous étiez microentreprise, vous étiez donc forcément et obligatoirement en franchise de TVA, la décision d’opter pour l’assujettissement à la TVA vous faisant automatiquement passer au réel (avec comptabilité en partie double, comptable, bilan, AGA et tout le toutim).

Oui, mais c’était visiblement trop simple et certaines entreprises au réel trouvaient que ça faisait une concurrence déloyale pour les entreprises qui travaillaient avec du particulier, redevable ou non de la TVA à leur prestataire selon que l’entreprise y était assujettie ou non. Cela fait effectivement une différence de 20 % pour le client final, ce qui n’est pas anodin. Bon, la CAPEB en avait profité pour distiller plein de mensonges sur ce qu’on appelait encore, à l’époque, les autoentrepreneurs, mettant tout le monde dans le même sac (http://www.ma-webassistante.com/mon-blog/33-im-poli-tique/42-les-auto-entrepreneurs-ces-vilains).

Bref, on a appris en cours de route que les seuils de la franchise de TVA ne bougeraient pas. Il y aurait donc deux seuils : jusqu’à 33 200 € vous êtes microentreprise (microsocial et microfiscal) en franchise de TVA ; au-delà, vous êtes microentrepreneur (microsocial et microfiscal), mais assujetti à la TVA.

Alors là, ce n’est plus un arbre que j’ai dans mes roues ! Ils m’y ont jeté une forêt entière ! Déjà, nous sommes le 2 janvier et il se dit dans les couloirs que les choses devraient être ajustées en début d’année… Mais pour l’instant, la solution est ubuesque tout en étant encore soumise à de nombreuses interrogations auxquelles nos élus n’ont, à ma connaissance pas encore répondues !

Jusqu’à 33 200 euros de chiffre d’affaires, vous êtes en franchise de TVA, c’est-à-dire que vous n’encaissez pas la TVA sur vos factures. Corollaire important, vous ne la récupérez pas non plus sur vos achats. En bref, c’est comme avant ! Rien de compliqué.

À partir de 33 200 euros de chiffre d’affaires, jusqu’au seuil de 70 000 euros, vous êtes assujetti à la TVA. Si, comme moi, vous êtes en dessous du seuil de 70 000 euros, mais que vous dépassez forcément, à un moment de l’année, le seuil des 33 200/70 000 euros, vous vous mettez à facturer la TVA en cours d’année, jusqu’à la fin de l’année.

Corollaire important, vous vous mettez à récupérer la TVA à partir du même moment, bien sûr. Alors donc, si vous avez quelques achats à faire, il faut bien entendu les prévoir à partir de ce moment-là ! Un changement de téléphone, un ordinateur à acheter, des toners pour l’imprimante, faites-le en fin d’année quand vous aurez dépassé le seuil de la franchise de TVA ! Ce n’est un problème que si vous devez changer du matériel qui tombe en panne en début d’année (pas de bol, comme on dit !). Pour le reste, eh bien, il faudra juste ANTICIPER !

Chez moi, qui travaille en prestation de service principalement à destination des professionnels, la TVA est quelque chose de transparent. Même si se mettre à collecter la TVA en cours d’année nécessite une surveillance attentive de son chiffre d’affaires, mes clients ne voient pas la différence. Dans un premier temps, je ne collecte pas de TVA, ils ne l’avancent pas, ne la récupère pas. Dans un deuxième temps, je collecte la TVA, ils l’avancent, ils la récupèrent. Ça ne change rien pour eux.

Mais imaginez le cas d’une entreprise dont les clients sont essentiellement des particuliers. À partir du moment où il va dépasser le seuil de la franchise de TVA, vous ajoutez donc la TVA sur vos factures. Deux solutions : soit vous avez anticipé vos tarifs correctement et vous perdez 20 % de votre marge brute, soit vous n’avez pas anticipé et vous augmentez vos prix de 20 % au risque de perdre des clients qui vont avoir du mal à comprendre cette soudaine augmentation !

Dernier arbre dans les roues de Ma-Webassistante.com, nous n’avons encore aucune information sur les obligations du microentrepreneur à partir du moment où il est soumis à la TVA. On avance dans le noir, les éditeurs de logiciels ne sont pas prêts à nous proposer une solution puisqu’on ne leur a pas dit comment gérer le truc. Vu les seuils, si vous activité à peu près lissée sur l’année, vous ne devriez pas dépasser le seuil avant le mois de juin, mais quand même, il faut ANTICIPER !

Le microfiscal et la non-rétroactivité des lois

Un dernier arbre s’est glissé dans mes roues, il concerne le calcul de mon impôt sur le revenu 2017. Il semblerait, d’après les éléments que j’ai pu rassembler, que le régime microfiscal serait de plein droit rétroactif sur 2017 (de la non-rétroactivité des lois, vous avez 4 heures !).

Par conséquent, j’ai anticipé mes paiements pour 2017 en fonction du projet de loi de finances 2017. Mon revenu fiscal devait ressortir de mon bilan que j’aurai donc au mois de mai, quand ma comptable aura enfin terminé le boulot et reçu tous les formulaires pour remplir la liasse fiscale (oui, une fois n’est pas coutume, les formulaires à remplir, qu’ils soient électroniques ou papier sortent au dernier moment !).

D’après les infirmations que j’ai, mon revenu 2017 serait calculé de plein droit selon les principes du microfiscal. C’est-à-dire qu’on ne prend plus mon résultat comptable, mais mon chiffre d’affaires auquel on applique un abattement de 50 % (ou 71 % ou 34 % selon l’activité). Si ça peut s’avérer intéressant pour certains, ça ne le sera pas forcément pour tous et c’est pour ça que, normalement, on a le choix.

Une solution simple ?

Si jamais un parlementaire passait par ici, lisait cet article et faisait son boulot (oui, 2018, c’est l’année des grands rêves où tout est permis !), j’ai bien envie de proposer un début de solution pour régler le problème.

Tout d’abord, il pourrait y avoir une option pour l’assujettissement. Cette option existe actuellement, mais elle emporte automatiquement un régime réel simplifié ou normal et donc oblige à quitter automatiquement le microsocial et le microfiscal. Vous repartez sur une comptabilité en partie double, un expert-comptable, une AGA et tout le toutim ! Elle n’est donc pas valable pour celui qui veut rester dans le régime de la microentreprise. Il pourrait y avoir une option pour l’assujettissement à la TVA pour ceux qui prévoient de dépasser le seuil de la franchise de TVA (sur option déclarative volontaire) ou ceux qui l’ont dépassé la ou les années précédentes. Tout dépend si on restreint ou élargit le droit d’être assujetti à la TVA, c’est une question politique, l’assujettissement à la TVA n’étant pas forcément un inconvénient.

Sur les obligations comptables, il serait ridicule de demander à ces micro-entrepreneurs de tenir une comptabilité en partie double (avec ventilations dans des comptes, bilan et compte de résultat) puisque ces éléments ne serviraient à rien, les bases des charges sociales et de l’impôt sur le revenu étant toujours calculées en fonction du chiffre d’affaires encaissé. De quoi avez-vous besoin pour calculer une TVA simplifiée (sur les encaissements/décaissements) ? Vous avez besoin :

  • d’une liste de vos factures encaissées avec TVA et ventilation selon les taux applicables
  • d'une liste de vos achats décaissés dans le mois avec la facture correspondante qui mentionne la TVA payée.

Deux additions plus tard, vous êtes capable de remplir une déclaration de TVA ! Pour se prémunir d’éventuelles fraudes (oui, ces vilains petits fraudeurs qui pourraient récupérer 20 euros TVA sur une facture d’avant leur assujettissement), il suffirait que les logiciels permettent de saisir un journal d’achat capable de totaliser la TVA décaissée chaque mois. Rien de compliqué à faire pour la plupart des logiciels, mais qui nécessite d’ANTICIPER !

Voilà, ça fait trois mois que j’essaie d’anticiper pour la survie de mon entreprise, mais ça devient de plus en plus compliqué d’ANTICIPER !